En mars 2010, la loi postale visait à préparer l’augmentation de capital en transformant La Poste en société anonyme à capitaux 100 % publics en mars 2010. Le ministre de l’Industrie de l’époque, Christian Estrosi, affirmait que le changement de statut de La Poste était une obligation qui découlait de la directive européenne de 1997.

Un peu d’histoire

Elle est issue des relais de poste créés par Louis XI en 1477 pour le transport des messages royaux. Et surtout des offices de messagers royaux créés en 1576 qui étaient autorisés à transporter le courrier des particuliers C’est au début du 17e siècle que date l’origine de l’administration des postes en France. En 1879 deux administrations, celle des postes et celle du télégraphe, sont fusionnées pour former l’administration des postes et télégraphes. Les Postes, Télégraphes et Téléphones (PTT) sont rattachées au ministère des Postes et Télécommunications. Le 10 mai 1946 un décret crée deux directions générales : la Direction générale des Télécommunications (DGT) et la Direction générale de la Poste (DGP). Le 15 juin 1970 Yves Guéna, ministre des Postes et Télécommunications, inaugure l’imprimerie des timbres-poste. La mise en service du TGV postal a lieu en 1984. La Direction générale des Télécommunications devient France Télécom en 1988. Par la loi du 2 juillet 1990, la Poste sort de ce cadre. L’ouverture au capital en est donc la dernière phase de sa privatisation. Par cette loi, première étape, les PTT ont été scindés en deux entreprises : la Poste et France Télécom. Elles sont donc devenues deux établissements publics industriels et commerciaux (EPIC). Ainsi La Poste devient une entreprise publique autonome le 1er janvier 1991. Les décennies 1990 et surtout 2000 sont marquées par la baisse continue des volumes de courrier, dans un contexte d’ouverture à la concurrence des marchés postaux à l’échelle européenne. Ainsi La Poste perd progressivement le monopole de l’acheminement et de la distribution du courrier en France. La loi postale transforme La Poste en société anonyme à capitaux 100 % publics en mars 2010.

Les conséquences de cette privatisation

Les centres de tri sont progressivement fermés et regroupés dans des plates-formes régionales avec comme conséquence d’augmenter les kilomètres parcourus par les agents et les courriers. Et les effectifs de La Poste n’ont cessé d’être réduits : plus de 51 000 emplois ont été supprimés depuis 2002. Quand aux bureaux de poste, il n’en reste que 10 600, dont certains ne sont ouverts qu’une demi-journée ou quelques heures par semaine. Les critères de rentabilité et l’ouverture à la concurrence ont eu pour conséquence la suppression ou le remplacement de bureaux de poste par des agences postales communales (APC) ou des relais-poste. Ainsi, de nombreuses opérations ne sont plus effectuées par les APC, comme l’envoi en Chronopost, le recours au système de poste restante, les envois en nombre, etc. Les services financiers sont également restreints. De même dans les relais-postes chez les commerçants, les 11 conventions ne garantissent qu’une dizaine d’opérations de base (vente de timbres, retrait de colis, retrait et dépôt d’argent dans la limite de 150 euros par semaine, etc.). Pour rester rentable, la poste s’est vue dans l’obligation d’augmenter les tarifs pour les envois aux particuliers.

https://fr.actualitix.com/blog/evolution-du-prix-du-timbre-depuis1971.html

En conclusion

Certes cette fois-ci pas de pillage financier organisé, mais une destruction d’emploi, de services publics de proximité, et bien évidemment de rentablité financière pour l’Etat. A chaque vente d’un petit bout de nos biens nationaux nous, citoyens, sommes les grands perdants. La semaine prochaine, nous parlerons des télécoms, où là encore les tarifs se sont vus grimper en flèche.