En 2004, la privatisation commence avec comme arguments utilisés à l’époque :  » C’est pour nous préparer à la concurrence, cela va favoriser l’emploi, cela va permettre de développer l’investissement. »

Dates importantes

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  • 1988 : création
  • 1990 : séparation des PTT
  • 1991 : transformation en exploitant de droit public
  • 1992 : nouveaux grades de fonctionnaires-reclassification
  • 1996 : transformation en SA
  • 1997 : ouverture du capital
  • 2000 : acquisition d’Orange
  • 2004 : privatisation
  • 2005 : mise en place du plan NExT
  • 2007 : fin de la minorité de blocage de l’État français
  • 2009 : lancement du plan Orange
  • 2010 : lancement du plan « Conquêtes 2015 »
  • 2013 : France Télécom change de nom pour devenir Orange

Le plan NExT

Le plan NExT (Nouvelle Expérience des Télécommunications, plan de 2006-2008) est le plan de redressement de la société France Télécom qui vise entre autres à réduire les coûts – principalement salariaux – de la société, à mener une politique de produits et services convergents, et à regrouper toutes les enseignes du groupe sous une marque unique (Orange), sauf pour les activités téléphonies fixes qui restent sous la dénomination France Télécom.

Ceci entraîne donc la disparition de nombreuses marques (Wanadoo, Equant…). Il est prévu, dans le cadre du programme managérial Act (Anticipation et compétences pour la transformation), de diminuer les effectifs de 10 %, soit 22 000 employés.

Ouverture du capital aux marchés financiers

Suite à sa mise sur le marché, France Télécom se lance dans une boulimie d’investissements financiers, avec notamment le rachat d’Orange UK (Opérateur Anglais) pour près de 50 milliards d’euros et Mobilcom, opérateur Allemand acheté à fonds perdus pour 10 milliards d’Euros.

En 2001, France Télécom, toujours positive jusque là, est l’entreprise la plus endettée du monde avec 70 milliards de dettes. À ce moment, la question du dépôt de bilan est posée. Cet endettement fait alors peser sur France Télécom des frais financiers de 5 milliards d’euros par an. S’en suit alors une série de réorganisations qui nous conduiront à la crise sociale de 2009 où près d’une cinquantaine de salariés décideront de mettre fin à leurs jours en quelques mois.

Le bilan plus de 20 ans après l’ouverture à la concurrence

Il y avait en 1997 plus de 170000 salariés à France Télécom, il en reste 85 000 à orange, soit la moitié des effectifs supprimés. Sur l’ensemble des opérateurs présents c’est près de 70000 emplois qui ont été détruits sur le secteur. Sur les investissements promis (20 milliards d’euros du plan très haut débit), les deux tiers seront à charge des collectivités, c’est-à-dire de l’impôt. C’est 1000 euros d’impôt par foyer fiscal imposable qui seront prélevés pour palier aux manques des opérateurs.

Pour les salariés, la promesse d’une meilleure reconnaissance des qualifications de travail n’a pas été tenue. Ils sont passés des agents des lignes sous statut public, au recours à la sous-traitance puis à des travailleurs détachés avec des conditions de vie, de travail, de salaire indigne. Les centres d’appel ont étés massivement délocalisés, notamment en Afrique du Nord, pour des « raisons économiques » …

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Le budget télécom des ménages est passé de 3 à 6% sur les 25 dernières années. Qualité de service appauvrie, le dépannage est passé de 24h à parfois plus de quinze jours. La france était dans les années 90 le premier pays du monde en termes de couverture haut débit(ADSL), désormais au 44e rang pour la couverture en très haut débit (débit supérieur à 30 méga). La recherche a été sacrifiée. Ce qui faisait la fierté de notre industrie, l’invention de la commutation temporelle, de la fibre, du Minitel, comme pour les chemins de fer la mise en place du TGV, est désormais un vestige du passé.

Nous sommes désormais loin à la remorque de l’Asie et de l’Amérique du Nord. C’est toute une industrie qui a été détruite. Nos partenaires, Sagem, Alcatel, Thomson ont été laminés, comme en Europe Nokia, Siemens télécom ou Erikson. C’est la même logique qui s’est imposée pour le démantèlement d’Alstom dont le dernier coup de grâce fut donné par un ministre de l’Économie qui s’appelait Emmanuel Macron.

Si Orange (20 milliards) et SFR (50 milliards) sont les 2 entreprises les plus endettées du secteur, ce n’est pas à cause de l’investissement, mais à cause de leurs dépenses capitalistiques à travers le monde.

En conclusion

Une privatisation encore ratée, là où l’on avait promis aux français, une ouverture à l’emploi, un meilleur investissement, des tarifs revus à la baisse.. On ne trouve que du chômage, de l’endettement, de la délocalisation et des tarifs en perpétuelle augmentation..Et bien entendu toujours les mêmes perdants : les contribuables !