Suite à l’incendie de l’usine Lubrizol qu’a eu lieu à Rouen cette semaine, j’ai décidé de creuser un peu plus le sujet de ces entreprises Seveso.

Un peu d’histoire

Le terme Seveso tire son nom des suites d’un accident écologique et sanitaire qui a eu lieu dans le nord de l’Italie dans les années 70, et qui a été catastrophique surtout par le fait qu’aucun plan d’urgence n’était préparé. De cette catastrophe est née une directive européenne, la directive Seveso, qui impose aux Etats membres de l’Union Européenne d’identifier les sites industriels présentant des risques d’accidents majeurs et d’y maintenir un haut niveau de prévention.

Il y a différents seuils qui dépende de la masse de produits présent dans l’entreprise. On a donc 3 classifications : ceux qui ne dépasse pas le seuil de base et qui ne sont pas concernés par la directive, puis Seveso seuil bas et Seveso seuil haut.  

Combien d’entreprise Seveso avons-nous en France ?

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Ce n’est pas un sujet dont on parle beaucoup, il est plus que rare qu’on nous dise tiens dans notre ville y a 4 usines Seveso. Comme si elle existait hors de notre réalité, on les voit mais on ne sait pas ce qu’elles sont, ni le danger qu’elles représentent.

Pourtant quand on creuse un petit peu, et que l’on se rend sur le site du ministère de la transition écologique et solidaire, on découvre qu’il n’y a pas moins de 634 entreprises classifiées Seveso seuil bas et 745 entreprises classifiées Seveso seuil haut en France. Dont une grande majorité, comme celle de Rouen se trouve en ville ou à proximité.

Des plans d’urgence ?

Il est donc légitime de se poser des questions sur notre sécurité. Mais surtout sur la prévention, qu’est-il prévu comme plan d’urgence ? Prenons l’exemple de Rouen, le plan d’urgence était-il simplement de rester calfeutré chez soi, car il est connu que l’air ne passe pas sous les portes. Pourquoi n’y a-t-il pas eu d’évacuation, de distributions de masques, enfin des mesures de prises.

Hormis le gouvernement se voulant « rassurant » alors qu’aucun résultat de prélèvement que ce soit d’air, du fluide visqueux noir qui recouvrait Rouen n’avait été encore réalisé, il ne fallait pas s’inquiéter.

Faut-il rappeler des catastrophes sanitaires, tel que celle de l’amiante pour qu’on arrête de faire croire aux gens que c’est dangereux mais pas trop ? Faut-il rappeler au gouvernement le procès d’AZF ?

Ce qui est encore plus surprenant et absurde, c’est de voir deux ministres arriver sans protection, alors que toutes les forces de l’ordre présentes portent des masques à gaz, comme si ce n’était pas grave. Alors soit elles sont inconscientes du danger, soit elles pensent vraiment qu’une usine classée Seveso seuil haut dont les émanations des produits toxiques se répandent sont comme une simple pollution de pots d’échappement de voiture… J’ignore lequel de ces deux choix est le plus probable.

Pire encore…

On apprend aussi, en fouillant sur le site du ministère de la transition écologique et solidaire, qu’à l’intérieur de cette usine il y avait des produits radioactif (utilisation, stockage et dépôt). Et là encore silence radio. Comment peut-on mettre à ce point en danger une population sans au moins l’en avertir ? Faut-il attendre une catastrophe pour prendre des mesures ? Alors qu’on soit rassuré, d’après la préfecture aucun produit radioactif n’a été endommagé. Maintenant peut-on les croire, sachant que pour eux le fait qu’une pluie huileuse noire recouvre la ville, que les oiseaux et poissons meurent n’a rien de dangereux… Et que se serait-il passé si ces produits avaient été endommagés ?

site du ministère de transition écologique et solidaire

Conclusion

En tout cas, ça soulève une vraie problématique et beaucoup de questions. Comment peut-on vivre à coté de telles bombes à retardement sans en être informé ? Pourquoi n’y a-t-il pas de vrais plans d’urgence mis en place ? Pourquoi ces entreprises ne sont-elles pas éloignées des villes ?

Toutes mes pensées vont bien évidement aux rouennais et j’aimerais finir cet article par un point positif, j’ai vu sur les réseaux sociaux un élan de générosité, entre citoyens, incroyable. Des inconnus qui proposaient des hébergements pour dépanner, une vraie entraide qui s’est mise en place dès la prise de conscience de cette catastrophe sanitaire « dangereuse mais pas trop » (selon notre gouvernement), et bien entendu aussi une pensée à nos pompiers. Je vous remets le lien du groupe d’entraide Facebook.