Le Président de la République était à Rodez, ce Jeudi 3 Octobre, pour répondre aux questions des lecteurs de Midi Libre, à propos de la réforme du système de retraite souhaitée par le gouvernement. Emmanuel Macron lance ainsi une nouvelle campagne pour convaincre sur son projet national, sous couvert de « Grand Débat ».

Les mots employés par le Président sont les suivants : « consultation citoyenne », « débat », « échange ». Pourtant, lorsqu’on lui demande, ce Jeudi à Rodez : « est-ce que cette consultation peut vous faire évoluer quant à vos orientations? » La réponse commence par un « je vais être clair », avant de se perdre dans des tribulations vides et relativement inintéressantes, sur fond de travaux ministériels. Emmanuel Macron achèvera tout de même son interlocuteur par la phrase suivante :

« Je ne vais pas vous dire que le débat va me faire passer à autre chose, et qu’on va rester avec 42 régimes. »

Il n’oubliera pas non plus de mentionner son fameux programme présidentiel de 2017, « pour lequel il a été élu »… Une rengaine désormais bien connue, qui démontre clairement l’intention du Président, ici encore : convaincre le peuple que ses idées sont les bonnes, tout en avouant à demi-mots qu’il n’y a, de toutes façons, pas d’alternative envisageable. Alors pourquoi appeler ça un « débat »? Comment ne pas sourire en entendant parler d’une « consultation citoyenne »?

Notons qu’en ouverture de ce presque-événement, l’ex-candidat d’En Marche a osé employer plusieurs références à la création du système des retraites (datée de 1945), se gardant bien, cependant, de rappeler qu’à l’origine la Sécurité Sociale était une véritable caisse unique et universelle. Ce n’est qu’ensuite, au fil des mandats et des changements de République, que les gouvernements successifs se sont attelés à la découper en une multitude de caisses séparées, créant ainsi un déséquilibre budgétaire pour certaines d’entre elles.

En se targuant de vouloir renouer avec les principes fondamentaux du système Français de la retraite, le Président de la République s’enfonce dans une tentative de manipulation particulièrement grossière. D’autant plus lorsque l’on connaît l’implication toute particulière du Parti Communiste dans la création de la Sécurité Sociale. Mais ça aussi, Emmanuel Macron semble l’avoir oublié, et il n’en fera jamais mention, évidemment. Il parlera toutefois d’un « beau système », avant d’affirmer finalement que la retraite doit être modifiée à cause des « inégalités produites par les 42 régimes » existants.

Donc, selon le Président Macron, adapter les retraites aux métiers pratiqués par les individus durant leurs vies est « injuste ». D’ailleurs, il refuse également le terme de « pénibilité » au travail. Pourtant, étymologiquement et historiquement, la notion de souffrance est fondamentale dans le terme « travail » (tripalium), elle est ainsi logiquement toujours présente (avec des nuances, bien entendu).

En conclusion de cet article, nous vous conseillons de vous faire tout de même votre propre avis sur ce prétendu « débat » (qui dure plus de 3h, sachez-le) en le consultant en rediffusion sur internet. Ceci vous permettra, notamment, de constater l’ensemble de ce qui a été développé plus haut. D’autres articles du Mouton Libéré se chargeront, quant à eux, de détailler les changements en vue avec cette nouvelle réforme, que nous puissions tous enfin y voir plus clair.

En attendant, restez attentifs à de tels usages de la Novlangue, et surtout ne vous laissez pas berner. Nous ne sommes pas des moutons, après tout !